Malgré tous les effets d'annonces et les "tripatouillages" de chiffres, le nombre de demandeurs d’emploi ne cesse inexorablement de croître. Il s'élève à la bagatelle de 3.788.100 chômeurs fin octobre 2009, avec 2.627.300 personnes pour la seule catégorie A, auxquels il faut ajouter les 1.160.900 demandeurs des catégories B et C. L'augmentation du nombre "d'inscrits" est de plus de 20% sur la seule année 2009 et je dis bien "inscrits", car cette précision est très importante vu la politique de radiation sauvage engagée par le gouvernement pour faire baisser artificiellement les chiffres. Pourtant, Nicolas Sarkozy avait trouvé en début de mandat une solution simple et efficace pour lutter contre le chômage. Mais si ! Souvenez-vous de ces temps magnifiques où pour stigmatiser les chômeurs et nourrir un populisme qui depuis est devenu un véritable programme politique, le Gouvernement et l'UMP faisaient voter des textes obligeant les tire-au-flanc à une "recherche active d'emploi" et les fainéants à accepter toute "offre raisonnable d'emploi". Si sur l'ensemble de ces demandeurs d'emploi, les chômeurs réellement indemnisés ne représentent que 2.453.300 personnes, c'est bien parce qu'en 2009, pas moins de 850.000 chômeurs sont arrivés en fin de droits ou ont été radiés pour diverses raisons. Encore une réforme réussie à ajouter au fabuleux bilan de ce gouvernement !
D'un point de vue comptable l'effet est donc intéressant pour nos communicants UMPiens. Cependant, en termes d'appauvrissement de la population, le pire est visiblement devant nous et tous les petits arrangements pris avec les chiffres, n'arriveront pas à masquer longtemps l'échec de la politique menée et le vide sidéral, en termes de plan d'action et de projet, que nous propose ce gouvernement. Je pense d'ailleurs que beaucoup des membres de ce dernier remercient la crise d'être passée par là pour masquer leur incompétence. Pour en revenir au chômage, même si les chiffres précédemment évoqués sont déjà par eux mêmes effrayants, les prévisions pour 2010 sont encore plus inquiétantes. En effet, la crise économique nous a frappés, ou du moins nous avons commencé à ressentir ses effets au niveau du ralentissement économique, à la fin de l'été 2008. Depuis, des centaines de milliers de personnes ont perdu leur emploi et ont été licenciées, sans compter les intérimaires dont les contrats n'ont tout simplement pas été renouvelés. Bien évidemment, cette vague de licenciements a empêché ceux qui étaient déjà au chômage de reprendre une activité, d'où les inquiétudes du Pôle emploi, quant à l'année 2010.
Dans un document rédigé le 25 novembre dernier par la direction statistique de Pôle emploi, il est annoncé pour 2010, qu'un million de demandeurs d'emploi, qui sont actuellement indemnisés, vont perdre le bénéfice de leur allocation. Un million de personnes, cela n'émeut plus grand monde à présent, mais il faut se rappeler que c'est bien un million d'hommes et de femmes, de pères et de mères de familles, de fils et de filles, d'amis ou de voisins, et pas juste un million d'inconnus. L'accélération de la paupérisation est terrifiante. Les hypothèses les plus optimistes annoncent que pratiquement 800.000 personnes supplémentaires passeront au-dessous du seuil de pauvreté, aujourd'hui fixé à 880 euros par mois, entre 2008 et 2010.
Comment la France va faire face à un tel problème social, avec une dette publique de 1400 milliards d'euros, soit presque 80% du PIB, et un déficit public réalisé de 141 milliards d'euros en 2009 et un déficit annoncé de 116 milliards d'euros pour 2010, qui sera certainement très rapidement réévalué à la hausse. Il faut ajouter à cela, que non seulement l'Etat se gère mal, mais il a de plus complètement asphyxié les collectivités locales en leur transférant des compétences sans les ressources financières pour les assurer et en les privant de moyens financiers, notamment par la réforme de la taxe professionnelle. Les millions de Français qui vont basculer des allocations chômage vers le RSA vont se retrouver face à des Conseils généraux qui ont en charge ce dispositif, mais qui n'auront plus les moyens financiers de l'assumer. De plus, le chômage, la protection sociale et l'insécurité sont très liés, ce qui est une source d'inquiétude supplémentaire. Une fois de plus se seront les Français modestes qui seront frappés car on voit rarement les voitures brûler à Neuilly-sur-Seine ou dans les beaux quartiers. Vu les résultats qu'à le gouvernement en terme de délinquance, c'est à se demander s'il n'y a pas une certaine volonté à laisser la situation devenir explosive, pour pouvoir ensuite se positionner en sauveur par karcherisation.
La mauvaise gestion de notre Pays et les choix politiques aberrants faits actuellement seront lourds de
conséquences pour notre avenir. Nos dirigeants actuels travaillent sur du court terme et ne se préoccupent que de leurs carrières. Ils ne souffrent pas et ne souffriront jamais de cette crise ou
d'une autre. Une fois notre système social, notre éducation nationale, notre système de santé, nos retraites par répartition et nos services publics démolis, ils partiront, comme dit Nicolas
Sarkozy, "faire de l'argent" ailleurs. Ils le feront certainement dans des Pays où cela est plus facile et où l'on paye moins d'impôts, quitte à prendre une double nationalité pour cela. Il est
d'ailleurs intéressant de constater que si la double nationalité est remis en cause actuellement par les chantres du débat sur l'identité nationale, elle l'est surtout pour les franco-marocains
ou les franco-sénégalais. Les franco-suisses, franco-belges ou franco-monégasques, sont nettement moins montrés du doigt.
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